HDirty Harry et 7,62 milliards de raisons pour changer le Monde!

Quand Eva m’a demandé de devenir leur rédactrice et créatrice de contenu et qu’on m’a proposé, comme première chronique, d’écrire à propos du mariage de Harry et Meghan, j’ai tout de suite accepté. Pourquoi? Certainement pas parce que je m’intéresse particulièrement au nombre de chefs cuisiniers engagés pour la noce, ni au nombre de pétunias et de cavaliers qui se trouveront à l’entrée de la Chapelle St-Georges demain. Cela sera aussi grandiose que magnifique, mais ce qui capte mon attention, c’est le vent de changement qu’il apporte. Parce que ce mariage marquera bel et bien l’histoire. Ce mariage créera un précédent au sein d’une monarchie hermétique et à cheval sur trop de traditions qui l’éloignent du peuple. Ce mariage c’est la preuve que l’amour peut avoir raison de bien des convictions, du moment qu’on a le courage de se tenir debout en adéquation avec qui nous sommes.

J’ai toujours apprécié l’anti Prince qu’est le rouquin de la famille Windsor. Peut-être me rappelle-t’il sa mère, la princesse du peuple partie trop tôt, de par son engagement et son implication dans d’innombrables missions humanitaires. Mais surtout, parce que c’est le bad boy de la famille royale. C’est celui qui ne suit ni les conventions et qui vit sa vie tel qu’il l’entend. C’est celui qu’on a vu nu à Vegas, piloter des hélicoptères en Afghanistan et qui avait fait couler de l’encre à souhait de par sa nature volage et fêtarde. Bref, Harry, c’est presque un mec comme les autres. C’est l’anti-prince, celui que les tabloïds britanniques surnomment “Dirty Harry”. C’est celui qui vient de faire le plus gros doigt d’honneur aux protocoles et traditions d’une couronne vieille de plusieurs siècles. C’est celui qui vient de dire à la planète que l’amour peut changer le monde.

En effet, bien que son frère aîné ait ouvert la porte en épousant une roturière catholique, son choix en la magnifique et brillante vedette de “Suits” (une série aux personnages aussi savoureux qu’attachants), Meghan Markle, est un choix qui réduit le clivage entre la monarchie et le peuple. Un prince épousant une actrice américaine (qu’on a vu à poils en action à l’écran, God Damn!), métis et divorcée, vient faire grincer bien des dents chez les partisans royalistes strictes qui auraient préféré le voir épouser la fille blafarde d’un aristocrate, qui a un intérêt malsain pour le port de chapeaux nébuleux rappelant certains paniers de Pâques et autres centres de table de ridicules. Sans doute trouvait-il plus attirant d’épouser une femme qui est engagée dans la cause féminine à l’ONU, qui a passé des années à travailler bénévolement auprès des itinérants de Los Angeles, qui est diplômée en relations internationales et qui est plus rafraîchissante en un seul sourire que toutes les révérences d’Angleterre.

De plus, c’est une belle victoire pour la condition féminine et le multiculturalisme. C’est une gifle aux tabous et aux préjugés. C’est une manière de dire aux femmes du Monde entier, que peu importe leur condition, elles méritent d’être reconnues pour leur valeur humaine. Et ça me fait bien plaisir. Meghan, a une situation que beaucoup d’entre nous partageons et pour laquelle nous sommes parfois jugées moins intéressantes, à tort.

Pour citer Greg Behrendt, scénariste de Sex and the City et auteur du best-seller He’s just not that into you : “Un homme qui trouve l’amour de sa vie n’hésitera pas à la conduire à l’Autel, quel idiot en aurait à redire! No matter what.” Est-ce que je crois aux contes de fées? God non! Par contre, je pense que lorsqu’on trouve notre “amour”, on en a rien à branler qu’il provienne des quartiers pauvres, qu’il ait un passé amoureux difficile, une famille aux comportements questionnables et une couleur qui ne plaise pas aux esprits aussi hermétiques qu’un pot de pickles qu’on est incapable d’ouvrir sans serrer les dents. Harry a compris et préfère se tenir debout pour l’amour que de vivre à genoux pour le protocole et les jugements. Et la fille qui craque beaucoup trop devant le sentiment amoureux que je suis trouve ça beau.

Demain, dans la chapelle St.-Georges, se trouveront deux humains qui s’aiment et qui, à leur manière, se tiendront debout afin de prouver que le monde peut changer, un battement de coeur à la fois. Nous sommes 7,62 milliards de vies qui peuvent changer le monde, si on décidait de battre tous à l’unisson.

Parce que comme le disait Elizabeth Bennet dans l’oeuvre de Austen, “So far we are equal”.

  Evaxx